Haïti, quatre ans après

Propos du Représentant Permanent de la République d’Haïti près l’OEA,
Ambassadeur Duly Brutus,
Au Conseil Permanent de l’OEA,
16 Janvier 2014

 

Monsieur le Président,

 

amb dulu brutusLe 12 janvier 2010, l’horloge s’est arrêtée à 4h53 pm quand, pendant près de 35 secondes, Haïti fut frappée par le séisme le plus dévastateur de son histoire. Notre mémoire collective porte désormais le deuil de plus de 300.000 victimes. Nous nous souviendrons toujours, non seulement de l’esprit d’unité de toutes les classes sociales du pays, mais aussi de la solidarité agissante de la Communauté internationale envers notre peuple.

 

En effet, en ce dimanche 12 janvier 2014, le pays tout entier a rendu un hommage solennel aux victimes de cette inoubliable tragédie et a aussi exprimé son regret éternel à toutes ces femmes, tous ces hommes et tous ces enfants, de ne pas pouvoir leur offrir une sépulture digne de notre culture.

 

C’est dans cette atmosphère nationale de réflexion marquée par le désir de célébrer la vie, qu’est venue du Président de la République une nouvelle de réconfort annonçant que Sa Sainteté le Pape François a nommé le premier Cardinal haïtien, en la personne du Mgr. Chibly Langlois. Les joies et les pleurs se sont indistinctement mélangés comme expression de gratitude envers le Saint Père en ce moment de souvenir douloureux.

 

Monsieur le Président,

 

Quatre ans plus tard, tout en portant encore les stigmates de la catastrophe du séisme, le peuple haïtien continue de regarder l’avenir avec détermination. Fort de cette conviction, le Président de la République, S.E. Michel Joseph Martelly et le gouvernement se sont engagés, dès le premier jour de leur arrivée à la tête de l’Etat, à accompagner le peuple haïtien dans sa lutte pour un changement réel de ses conditions d’existence. C’est à ce titre que je souhaite partager avec vous, à la fin de mon intervention, des images-vidéos mettant l’accent sur des réalisations du gouvernement.

 

L’un des défis majeurs de ce gouvernement a été la relocalisation des personnes déplacées qui vivaient sous des tentes après le séisme. Grâce à une politique de construction de logements sociaux et la réparation de nombreuses maisons, plus de 90 % de ces compatriotes ont été relocalisés et presque toutes les places publiques, qui ont été occupées, sont en train de retrouver leur rôle initial.

 

En dépit de nos maigres ressources et du faible respect des promesses faites à la Conférence de New York en mars 2010, le gouvernement haïtien s’est évertué à mettre en œuvre une politique axée d’une part, sur l’Education pour tous, notamment en scolarisant gratuitement plus de 900,000 enfants et d’autre part, sur le renforcement de la stabilité macro-économique, en créant un environnement propice, facilitant l’investissement direct étranger. Cette année, l’économie nationale a connu un taux de croissance de 4,3 %, suite à la bonne performance de la production agricole, au dynamisme du secteur de la construction, à la hausse de la production industrielle, en particulier, de la sous-traitance, à la relance du secteur touristique et à une sensibilisation nationale sur la nécessité de protéger l’environnement.

 

Il convient aussi de signaler les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité. J’en veux pour preuve la baisse considérable de la criminalité et la récente décision du Département Américain de la Défense d’enlever Haïti sur la liste de pays représentant un danger imminent. En effet, le processus de modernisation de la Police nationale continue de porter ses fruits et le gouvernement vise à atteindre, dans un cours délai, un effectif de 15,000 policiers.

 

Monsieur le Président,

 

Je suis convaincu que les images que nous allons visualiser auraient pu être plus frappantes si la majeure partie de l’aide déboursée par la Communauté Internationale passait par le canal des services publiques en lieu et place des organisations non gouvernementales.

 

Le moment est venu pour lancer encore une fois un appel pour un accompagnement effectif du peuple haïtien dans le long processus de reconstruction.

 

Quatre ans plus tard, c’est encore un message d’espoir et de confiance que nous devons transmettre au peuple haïtien. Les 300,000 victimes attendent de nous, non pas des pleurs, mais avant tout un sursaut devant conduire à la construction d’une société moderne, juste et équitable.

 

Je vous remercie